Reprendre sa vie en main grâce à Ometz

par Chaya Greenberg

Je venais tout juste de me marier quand je suis partie du New Jersey pour m’installer à Montréal. Comme mon mari est montréalais, nous avions la chance d’avoir sa famille à proximité pour nous aider. Malgré tout, je me sentais très seule dans ce lieu inconnu où la langue et la météo m’étaient étrangères. Deux ans après notre arrivée, nous avons été approchés pour devenir les dirigeants communautaires d’une petite ville isolée de Russie. Accompagnés de notre fillette d’un an, nous sommes partis, forcés de nouveau de nous débrouiller dans un endroit où rien ne nous était familier : ni la langue, ni la culture, ni les gens, ni la ville. Bien que nos débuts fussent difficiles, le don de nous-mêmes que nous faisions à la communauté enrichissait nos vies.

Cependant, notre départ de Russie fut abrupt. Les autorités se sont présentées à la maison et ont emmené mon mari au poste de police. Des raisons politiques poussaient les Russes à expulser certains rabbins de leur pays. Nous faisions malheureusement partie de ceux-ci. Et nous voilà, en moins de 24 heures, dans l’avion, avec seulement deux valises.

Nous sommes alors rentrés à Montréal. À ce moment-là, j’étais enceinte de notre troisième enfant. Pendant que mon mari passait d’un piètre emploi à un autre, je devais de nouveau me familiariser avec la vie montréalaise. Nous peinions à joindre les deux bouts.

J’ai entendu parler d’Ometz pour la première fois au moment de faire ma demande de résidence permanente. Un conseiller en immigration m’a guidée avec patience et respect pendant tout le processus. Puisque notre situation se détériorait, une amie m’a suggéré de consulter les spécialistes de l’agence Ometz. Je croyais qu’ils allaient seulement nous soutenir financièrement. Pourtant, c’est à ce moment-là que j’ai eu la chance inouïe de rencontrer Ruth.

À l’occasion de ma première rencontre avec Ruth, j’ai pleuré et je lui ai expliqué tous les problèmes que ma famille et moi devions résoudre. Je lui ai parlé de nos dettes, de notre difficulté à payer le loyer et la nourriture en plus de mon inadmissibilité au régime d’assurance-maladie alors que j’étais enceinte. Je lui ai exposé mes inquiétudes quant à la situation professionnelle précaire de mon mari et à l’attente de mon statut légal au Canada. Je ne savais pas quoi faire ni vers qui me tourner. Elle m’a écoutée et a démontré de l’empathie, mais plus que tout, elle m’a aidée à me ressaisir. Elle m’a secouée et m’a appris à me responsabiliser.

Que ce soit pour les cours de français, les leçons sur le budget, l’assistance financière pour l’achat de vêtements d’hiver, les bons pour la nourriture ou encore pour les superbes paniers que nous avons reçus avant les fêtes ou pour les suggestions en matière d’études et de carrière, Ruth nous a grandement aidés. Je peux sincèrement avouer que l’après-midi que j’ai passé dans le bureau de Ruth a changé ma vie. J’ai repris confiance en l’avenir plutôt que de continuer à pleurer sur notre sort. Ruth m’a donné du courage et de l’espoir, car elle a fait naître en moi de nouveaux rêves.

Ometz a mis de nombreux anges sur notre route. Tom, notre aimable conseiller financier qui, sans jamais nous juger, a bénévolement pris de son temps pour venir à la maison nous aider à établir un budget et à mettre au point une stratégie pour liquider nos dettes. Tzu-Yung qui a passé des heures avec chacun de nous pour nous aider à tracer nos cheminements de carrière. En plus d’Emmanuelle, notre thérapeute par le jeu, qui, toutes les semaines, nous écoute et nous présente, à nous et à nos enfants, des outils pour affronter les défis que la vie nous réserve.

Nous nous sentons privilégiés d’avoir pu bénéficier du merveilleux travail d’Ometz. La Torah nous enseigne que le niveau le plus élevé de la tzedakah n’est pas de donner de l’argent, mais bien d’aider ceux qui en ont besoin à trouver un emploi. Ometz offre du soutien financier, de l’amour et de l’aide émotionnelle. Plus que tout, Ometz fournit aux gens dans le besoin les outils qui leur sont indispensables pour s’aider eux-mêmes et reconstruire leur vie. Grâce à Ometz, nous avons remboursé la moitié de nos dettes et avons appris à vivre en fonction de nos moyens. Grâce à Ometz, mon mari a un emploi stable, et je suis inscrite au programme de Relations humaines de l’université Concordia. Grâce à Ometz, nos enfants sont heureux, équilibrés et bien traités. Grâce à Ometz, je me sens enfin chez moi, à Montréal.

  • Rony dit :

    Very well written. you should go from strength to strength.

  • Audra dit :

    wow! What a journey! It has been wonderful watching you grow and become more comfortable and confident in every way Chayale. Mazel tov to you and your mishpucha on all your wonderful progress! Great work Ometz!!!

  • Bashie dit :

    Way to go Chayal’e and Zvi!! We feel the same way about Ometz too :) You write very well!!

  • Nous vous invitons à nous faire part de vos commentaires sur le contenu de cet article ou sur tout autre sujet.

    Faites un commentaire

    Les commentaires des lecteurs reflètent l’opinion de leurs auteurs et non celle de la Fédération CJA.

    Les commentaires comportant des allégations erronées ou non fondées ne seront pas publiés, pas plus que ne le seront les commentaires dont les propos seront diffamatoires, inexacts, grossiers, déplaisants, irrespectueux, injurieux, vulgaires, haineux, malveillants, obscènes, blasphématoires, à tendance sexuelle ou menaçants.

    Les commentaires basés sur des ouï-dire ou sur des rapports dont les présumés faits ou mentions ne seront pas de notoriété publique pourraient également ne pas être publiés.

    La Fédération CJA se réserve le droit de s’abstenir de publier les commentaires qui seraient considérés comme du pourriel ou qui n’auraient aucun lien avec les articles apparaissant sur le site Web. Les commentaires, qui comportent des attaques personnelles aux auteurs de commentaires affichés sur ce site Web ou qui nuisent à la vie privée d’une autre personne, pourraient ne pas être publiés.

    Les fautes de grammaire et d’orthographe ne seront pas corrigées.

    *