Élever sa famille dans l’esprit du tikun olam

À Montréal, deux familles partagent traditions marocaines et iraquiennes, des mets sublimes et beaucoup d’amour

Lorsque Nathalie et Freddy se sont rencontrés au cours d’un rendez-vous arrangé, ils ne connaissaient l’un de l’autre que l’énorme différence de leurs antécédents culturels. Enfant, Nathalie avait grandi à Montréal. Ses parents toutefois l’avaient élevée dans la plus pure tradition de Tanger, leur ville natale. Nathalie adorait ce mode de vie : « Avec ses traditions, sa nourriture et ses épices, l’ambiance était magique et dynamique! » Les traditions marocaines étaient respectées – surtout quand il s’agissait de cuisine et de valeurs familiales. Nathalie fréquentait l’école Maïmonide.

Pendant ce temps-là, la famille de Freddy quittait l’Iraq pour s’établir en Israël. C’est d’ailleurs en Israël que les parents de Freddy se sont rencontrés, puis mariés. Freddy est né dans un village de tentes qui accueillait les immigrants en transit, avant que ses parents partent pour le Canada, s’installent dans la communauté et deviennent membres de la synagogue Spanish & Portuguese.

Plus Nathalie et Freddy faisaient connaissance, plus ils se trouvaient des points communs. Ils étaient tous les deux des enfants d’immigrants; ils avaient été élevés dans des milieux empreints de solides valeurs familiales et d’un sens bien enraciné du tikun olam. Ainsi, un an et demi plus tard, ils scellaient leur union à la synagogue Chevra Kedisha devant 250 amis et membres de leurs familles.

Leur foyer devint alors le carrefour de leurs familles élargies. Nathalie célébrait le chabbat avec de fastueux repas qui faisaient la part belle à la salade cuite, au taboulé et au baba ghanousch.

Nathalie, qui était alors dans la vingtaine, accordait une grande importance à sa vie professionnelle. Cependant, à la naissance de Maya, en avril 2010, puis de Myriam en février 2012, ses priorités changèrent. Elle désirait désormais accorder plus de temps à sa famille. Elle trouvait que les longues heures qu’elle consacrait avec enthousiasme à son travail par le passé l’éloignaient de ce qui comptait le plus pour elle. Aussi, en accord avec Freddy, elle décida d’arrêter de travailler afin de consacrer plus de temps à ses enfants.

Nathalie et Freddy tiennent à contribuer à la communauté et à enseigner à leurs enfants à en faire autant.

Nathalie et Freddy tiennent à contribuer à la communauté et à enseigner à leurs enfants à en faire autant.

Puisque l’occasion se présentait, Nathalie jugea que le moment était parfait pour redonner à la communauté juive ce qu’elle en avait reçu. « J’ai de nombreux amis qui sont actifs dans la communauté, et ils me parlent sans arrêt des programmes extraordinaires qui sont organisés, déclare Nathalie. De plus, j’ai trouvé exactement ce qui me convient. Je suis bénévole pour le programme Club ‘Bon appétit!’ de la Philanthropie des femmes de la Fédération CJA. »

Deux fois par semaine, des bénévoles Tikun Olam de la Philanthropie des femmes se réunissent pour s’assurer que tous les enfants de la communauté ont un repas du midi cacher nourrissant. En moyenne, 142 repas sont livrés directement dans 23 écoles (juives et publiques) de la grande région de Montréal. « Ce programme est exceptionnel. En tant que maman, je suis bouleversée à la simple idée qu’un enfant puisse souffrir de faim. »

Nathalie et Freddy ont choisi d’élever leurs enfants dans l’esprit du tikun olam. Aussi, sont-ils fiers que leurs enfants puissent les voir appliquer concrètement ce principe qui leur est si cher – que maman emballe des repas pour le Club « Bon appétit » de la Fédération CJA ou encore que papa et maman soient actifs à la synagogue ou à leur école, Talmud Torah.

« Nous croyons que pour inculquer de solides valeurs juives à nos enfants, il ne suffit pas de leur enseigner ces valeurs. En fait, rien n’est plus puissant que l’exemple que nous leur donnons. Nous voulons contribuer à la communauté dans laquelle nous élevons notre famille et nous encourageons les autres à trouver les façons qui leur conviennent pour s’engager eux aussi. »

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